Le pari jeunesse de la Française des Jeux - Présentation 2009

18/01/2009 - 06:00

Du 7 au 22 janvier, retrouvez la présentation de chacune des équipes du Pro Tour. Dimanche, zoom sur la Française des Jeux qui, en l'absence de Philippe Gilbert parti chez Silence-Lotto, comptera cette saison sur l'émergence d'une génération de jeunes coureurs prometteurs.

LA FRANÇAISE DES JEUX EN BREF

Activité du sponsor: Société publique de jeux de loterie
Pays: France
Année de création: 1997
Budget: 6,5 millions d'euros
Victoires en 2008: 21
Coureur le plus prolifique en 2008: Philippe Gilbert (5 victoires)

RETRO 2008

L'an dernier, les Boys de la Française des Jeux étaient menés par une mobylette nommée Philippe Gilbert. Transfiguré dès le début de saison et le Challenge de Majorque où il s'est imposé à deux reprises, le Wallon s'est ensuite adjugé un deuxième Het Volk avant de faire 3 à San Remo derrière Fabian Cancellara et Filippo Pozzato. En fin de saison, bien épaulé par le courageux Mickaël Delage, il faisait mouche au bout de l'avenue de Grammont sur Paris-Tours, offrant ainsi à Marc Madiot un magnifique cadeau d'adieu. "On a pas un mauvais bilan. On a gagné 21 courses. On a décroché deux classiques. Le seul point, négatif, c'est qu'on fait quatre fois 2e sur le Tour de France (ndlr:Gilbert à Plumellec, Sébastien Chavanel à Narbonne, Casar à Jausiers et Roy à Montluçon). En même temps, cela démontre que l'on a répondu présent sur la route mais c'est clair que si on avait pu en convertir au moins une en victoire d'étape, ça aurait été beaucoup mieux", explique l'emblématique manager de la formation au trèfle à quatre feuilles à propos de l'exercice 2008.

Derrière Gilbert, le jeune Yauheni Hutarovich et le Poitevin Sébastien Chavanel ont en effet fait parler la poudre dans les arrivées groupées, décrochant respectivement quatre et deux victoires. Benoît Vaugrenard, vainqueur du Tour du Poitou-Charentes et d'une étape du Tour Limousin, a démontré qu'il était l'une des valeurs sûres du peloton français tandis que Sandy Casar, 14e et premier Français du Tour de France, s'est montré régulier tout au long de la saison. A 27 ans, le Finlandais Jussi Veikkanen a pris date pour l'avenir en s'imposant en costaud sur une étape du Tour d'Allemagne. De son côté, Francis Mourey a continué à dominer le circuit national de cyclo-cross. Il se projette aujourd'hui avec ambition vers Hoogerheide aux Pays-Bas, où le 1er février prochain, il ira à la conquête du maillot arc-en-ciel de la spécialité.

AMBITIONS

Gilbert parti chez Silence-Lotto, la Française des Jeux va devoir revoir ses plans en 2009. "Son départ été prévu depuis plusieurs mois. On a eu le temps de s'y préparer", rassure Marc Madiot qui compte sur ses jeunes pousses pour prendre la relève. "Des garçons comme Sulzberger, Di Gregorio, Chérel, Coppel, Ladagnous (ndlr: premier vainqueur de la saison sur la Tropicale Amissa Bongo), Offredo ou Meersman auront des places à prendre cette saison. A eux de les saisir", explique-t-il avec la conviction de celui qui sait pertinent que de futurs "très bons" grandissent dans sa couveuse.

Parmi les garçons plus expérimentés, Sandy Casar aura à nouveau la responsabilité de conduire l'équipe sur les courses par étapes et sera épaulé, entres autres, par des coureurs comme Sébastien Joly, Benoit Vaugrenard et Christophe Le Mével, transfuge du Crédit Agricole. Sébastien Chavanel et la petite bombe biélorusse Yauheni Hutarovich tenteront de faire mouche sur les arrivées massives. Enfin Anthony Geslin, tout fraîchement arrivé de chez Jean-René Bernaudeau, aura les faveurs de l'équipe sur les courses d'un jour. "L'objectif, c'est d'être là toute l'année et de gagner des courses à chaque fois que l'occasion se présente" , conclut Marc Madiot, fidèle à la philosophie maison.

LA STAR: SANDY CASAR

Pas à proprement parler une star tant il aime à se montrer discret une fois descendu du vélo, Sandy Casar n'en demeure pas moins une carte maîtresse du cyclisme hexagonal. Premier Français de la dernière grande boucle, celui qui s'était révélé au grand public en terminant 2e de Paris-Nice en 2002, s'est mis en évidence sur l'étape de Jausiers. Battu par le seul Cyril Dessel au bas de la descente de la Bonnette, le Francilien a fait preuve d'une belle régularité tout au long de la saison. A l'aise sur les courses par étape d'une semaine, il s'est classé 8e du Tour du Pays Basque et 6e du Tour de Romandie. En septembre, bien que très éprouvé par une très longue saison, il a terminé la Vuelta au 19e rang, laissant augurer de facultés de récupération déjà entrevu sur le Giro 2006 qu'il avait fini 6e. L'an prochain, le vainqueur de l'étape d'Angoulême sur la Grande Boucle 2007 sera à la croisée des chemins. A bientôt 29 ans, il est capable d'aller chercher un Top 10 à Paris mais il n'est pas sûr qu'il ait tant à gagner à un objectif de ce type. Capable de rivaliser avec les meilleurs sur une semaine, il est en effet en mesure de faire mouche sur un Paris-Nice ou un Dauphiné-Libéré. Quoi qu'il en soit, il sera attendu sur les routes. Le public français, comme Marc Madiot, compte sur lui.

LE JEUNE A SUIVRE: YAUHENI HUTAROVICH

Passé professionnel en 2007 chez Roubaix-Lille Métropole, celui que Cyrille Guimard avait repéré chez les amateurs n'a pas tardé à se faire un nom. Pour sa première saison parmi l'élite, Yauheni Hutarovich s'est en effet adjugé une étape du Tour du Poitou-Charentes après s'être notamment classé 4e du Tour de Vendée. Tapant dans l'oeil de Marc Madiot, le Biélorusse a rejoint ensuite les rangs de la Française des Jeux. Sitôt la tunique blanche endossée, il montre que le Mayennais a fait bonne pioche en l'enrôlant. A l'aise dès le début de saison et le Tour Méditerranéen où il cumule les accessits, Hutarovich s'impose ensuite sur une étape des 3 jours de la Flandre Occidentale. Sacré champion national en juin, il termine la saison en boulet de canon en survolant les sprints massifs du Tour de Burgos. Cette année, dans la continuité de la progression spectaculaire de ces deux dernières saisons, il devrait être en mesure de s'imposer à l'échelon supérieur.

EFFECTIF 2009:

Sandy Casar (Fra), Sébastien Chavanel (Fra), Mikael Chérel (Fra), Jérôme Coppel (Fra), Rémy Di Grégorio (Fra), Arnaud Gérard (Fra), Anthony Geslin (Fra), Tim Gudsell (Nzl), Frédéric Guesdon (Fra), Yauheni Hutarovich (Blr), Sébastien Joly (Fra), Mathieu Ladagnous (Fra), Christophe Le Mével (Fra), Guillaume Levarlet (Fra), Gianni Meersman (Bel), Francis Mourey (Fra), Yohan Offredo (Fra), Anthony Roux (Fra), Jérémy Roy (Fra), Wesley Sulzberger (Aus), Benoit Vaugrenard (Fra), Jussi Veikkanen (Fin)

Manager: Marc Madiot
Directeurs sportifs: Franck Pineau, Yvon Madiot, Martial Gayant, Thierry Bricaud

TRANSFERTS:

Départs: Mickaël Delage (Sillence-Lotto), Philippe Gilbert (Silence-Lotto), Lilian Jégou (Bretagne-Schuller), Yoann Le Boulanger (Agritubel), Christophe Mengin (retraite), Cyrille Monnerais (Bretagne-Schuller), Tom Stubbe (Silence-Lotto), Jelle Vanendert (Silence-Lotto)

Arrivées: Anthony Geslin (Bouygues Telecom), Christophe Le Mével (Crédit Agricole), Weszley Sulzberger (néo-pro)
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# Posted on Sunday, 18 January 2009 at 8:21 AM

Paru dans le "petit journal" 2 octobre 2008

Lance Armstrong sera de retour en 2009 sur les routes cyclistes professionnelles sous le maillot de l'équipe Astana dirigée par Johan Bruyneel, directeur sportif lors de ses sept victoires sur le Tour de France. Pas forcément une bonne nouvelle pour le vélo...

Le monde du cyclisme rit jaune après l'annonce du retour du controversé Lance Armstrong (photo AFP)

À 37 ans, le retour de Lance Armstrong ne manque pas du susciter nombre d'interrogations. L'intéressé l'explique comme étant l'occasion de récupérer plus de fonds pour le cancer : “En montant sur mon vélo à travers le monde, d'Australie (ndlr : finalement il ne devrait pas pouvoir participer au Tour Down Under) à la France, c'est le meilleur moyen de faire circuler l'information, et de sauver des vies”. L'intention est évidemment louable, mais sa carrière a tellement suscité de doutes sur le dopage que de le savoir dans le peloton jette un trouble énorme sur le cyclisme qui se bat chaque jour contre ce fléau. Surtout que l'Américain n'est pas du genre à venir faire de la figuration...

Si Jan Ulrich, Bernard Hinault, ou encore Pat McQuaid, Président de l'Union Cycliste International, saluent le retour d'une star médiatique bénéfique pour le vélo, d'autres sont plus mesurés. À l'image de Marc Madiot, directeur sportif de la Française des Jeux : “Qu'il se mobilise pour la lutte contre le cancer, d'accord. Maintenant, qu'il le fasse en reprenant la compétition de haut niveau, ça me parait totalement surréaliste. Et avant de prétendre regagner le Tour, il faut d'abord que Lance Armstrong s'explique sur ce qui s'est passé en 1999.”

En août 2005, le quotidien L'Équipe faisait état de six contrôles positif à l'EPO sur le Tour 1999, année de sa première victoire. L'Américain ne s'est jamais expliqué mais pourrait avoir à le faire. Pierre Bordry, Président de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD), propose à l'Américain de ré-analyser ces six échantillons qui font débat. Une belle occasion pour Lance de prouver qu'il est un coureur propre.

Avec ou contre Contador ?

Son compatriote Greg Lemond, 3 fois vainqueur du Tour, ne l'a jamais pensé. “Son retour n'est pas une bonne nouvelle. C'est le cauchemar que nous avons vécu de si longues années qui revient” avoue-t-il.
Et voilà maintenant qu'Alberto Contador, 25 ans et leader incontesté de l'équipe Astana, qui affirmait début septembre être prêt à cohabiter avec le septuple vainqueur du Tour, se rebelle. “Si je n'ai pas la certitude que l'équipe court pour moi, je partirai” a confié le vainqueur des trois grands Tour (France en 2007, Italie et Espagne en 2008). L'un et l'autre n'étant pas prêt à devoir jouer les porteurs d'eau, il paraît peu probable de les voir sous le maillot Astana en 2009. Il se murmure ainsi que l'équipe Columbia aurait mis sur la table un chèque en blanc pour l'Espagnol....

Une bonne nouvelle pour les anti-Armstrong. Car Contador n'hésitera pas à attaquer l'Américain sur le Tour, ce que ni Ulrich, Basso et consorts n'ont osé faire entre 1999 et 2005. Attention tout de même : cette hypothèse sera battue en brèche si Christian Prudhomme, grand manitou du Tour de France, refuse d'accepter l'équipe Astana ou Armstrong. “Dès lors que son équipe et lui-même se soumettront aux règles, concernant notamment le dopage et l'antidopage dont la perception a beaucoup évolué ces dernières années; dès lors qu'il sera au sommet, on l'acceptera".

La route est donc encore longue avant de voir Armstrong en jaune sur les Champs Elysées le 26 juillet...

Jérémy Patrelle. (www.lepetitjournal.com) 2 octobre 2008
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# Posted on Saturday, 04 October 2008 at 7:19 AM

Armstrong le retour !!!!

Quoi??? qu'est ce que j'apprends?! Armstrong de retour? Non mais on va où là ! Il a déjà gagné 7 fois le Tour de France, ça lui suffit pas! ça va encore entaché l'image du cyclisme bravo ! qu'est ce qu'il veut prouver? S'il revient c'est pour automatiquement gagner un 8e tour sinon ...il aurait l'air de quoi?

Et même s'il gagnait, après plus de 3 ans d'absence sans pratiquement avoir retouché un vélo, ça serait plutot louche! Le reste du peloton aurait l'air de quoi à côté de lui? Les coureurs passerait pour "des peintres" comme dit Marc Madiot.

ET EN PLUS, il demanderait à Sarkozy "d'assurer" sa place dans le peloton l'année prochaine!!!!!! Alors là on nage en plein délire !!! Qu'en pensez vous??


Voici les propos recueillis sur le site belge 7 sur 7 :

Retour d'Armstrong: réactions

- Jean-René Bernaudeau (manager de l'équipe Bouygues Télécom): "Je ne sais pas quoi en penser... En tout cas, les come-back de ce style, ce n'est pas du tout ma conception du sport. Moi, quand j'ai mis un terme à ma carrière cycliste, je peux vous assurer que je n'avais plus envie de faire du vélo, j'étais usé. Bernard Hinault n'aurait jamais fait ça... Avec Armstrong, on a l'impression que tout est facile: il a arrêté trois ans et il va revenir comme si de rien n'était. Ce n'est pas ça, le vélo. Maintenant, on se demande si on a la recette..."

- Marc Madiot (manager de l'équipe La Française des Jeux): "Qu'il se mobilise pour la lutte contre le cancer, d'accord. C'est même une bonne nouvelle. Maintenant, qu'il le fasse en reprenant la compétition de haut-niveau, je ne sais pas si c'est la meilleure des solutions... Ca me parait même totalement surréaliste. Attendons de voir mais à première vue, je ne vois pas comment il peut regagner le Tour de France où alors les autres sont tous des peintres... Mais avant de prétendre regagner le Tour, il faut d'abord que Lance Armstrong s'explique sur ce qui s'est passé en 1999".

- Denis Leproux (directeur sportif de l'équipe Agritubel): "Il veut prouver quoi? Il est parti et voilà que maintenant, il a envie de revenir. C'est bizarre tout ça. Je trouve ça à la fois un peu ridicule et dommage pour le vélo. Une chose est sûre: il ne va pas donner une bonne image de lui en reprenant la compétition".

- Christophe Bassons (ancien coureur qui s'était opposé à Armstrong sur le dopage): "C'est triste, ça me désole et ça me fait même un peu peur... Je ne comprends pas. Autant la reconversion de Laurent Jalabert dans le triathlon me réjouit, autant le come-back de Lance Armstrong dans le cyclisme me désole. Si il a décidé de revenir à la compétition, c'est qu'il doit être sûr de pouvoir gagner un huitième Tour de France. En plus, s'il le court avec l'équipe Astana, je trouve que ce sera encore une manière de narguer l'épreuve et le milieu du vélo. Ce retour ne le grandira pas". (belga/7sur7)

10/09/08 15h19
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# Posted on Thursday, 11 September 2008 at 1:00 PM

INFOS...

mercredi 30 juillet 2008

Cyclisme : Un cru 2008 prometteur pour la Polynormande

Polynormande. Dimanche 3 août au départ d'Avranches, le peloton aura fière allure. La succession de Benoit Vaugrenard est largement ouverte.

• Le passé de l'épreuve.
Sous sa forme actuelle (classique en ligne), la course chère à l'enfant du pays, Daniel Mangeas, en sera à sa sixième édition. En 2003, Jérôme Pineau inaugurait victorieusement la nouvelle formule. L'année suivante, la Poly entrait au calendrier de la Coupe de France. Montèrent successivement en haut du podium : Sylvain Chavanel (La Boulangère), Philippe Gilbert (F.D.Jeux), Anthony Charteau (Crédit Agricole) et Benoit Vaugrenard (F.D.Jeux). Mais la Poly-Normande, ce fut auparavant une longue histoire, celle d'un critérium d'après-tour créé en 1980 (victoire de Bernard Thévenet) qui dura jusqu'en 2002 (succès de Nicolas Vogondy).

• Coupe de France : le point.
Saint-Martin-de-Landelles s'inscrit en seconde partie de saison et accordera des points précieux pour le challenge national, avant la classique de Châteauroux, le grand prix d'Isbergues, le Tour de Vendée et Paris-Bourges. David Le Lay (106 pts) viendra dans le Sud-Manche défendre sa position de leader. Mais les quatre plus sérieux adversaires du coureur d'Agritubel seront eux aussi présents. À savoir : Jérôme Pineau (89 pts), Jimmy Casper (74 pts), Frédéric Guesdon (70 pts).

• Quinze équipes au départ.
France : Cofidis, Française des Jeux, Bouygues Telecom, Crédit Agricole, Agritubel, Équipe de France élites, AG2R La Mondiale, Auber 93, Roubaix-Lille Métropole, Bretagne Armor Lux ; Belgique : Landbouwkrediet ; Estonie : Mitsubishi-Jartazi ; Chypre : A-Style ; Luxembourg : Apiflo-Vacances ; Japon : Bridgestone.

• Le parcours.
Départ d'Avranches à 13 h, place Littré ; le peloton prendra alors la direction d'Isigny puis de Saint-Martin-de-Landelles pour attaquer les 10 tours d'un circuit de 12,500 km truffé de deux difficultés à suivre : la côte de la Vallée et la Pigeonnière. Au total, 157 km.

• L'après Tour de France.
C'est chaque année un atout. Les coureurs qui arrivent en droite ligne des Champs-Élysées ont généralement une jambe de plus et le montrent en fin de parcours. Dimanche au départ d'Avranches, on retrouvera ainsi : S.Augé, F. Brard (Cofidis), S.Casar, A.Gérard, Y.Leboulanger (Française des Jeux), J.Pineau (Bouygues), W.Bonnet, J.Engoulvent (Crédit Agricole), N.Vogondy, F.Bichot, D.Le Lay, J.Casper (Agritubel).

• Deux Manchots au départ.
Non, Amaël Moinard, magnifique sur la grande boucle, ne sera pas là. Mais les deux autres Manchots du peloton professionnel se seront préparés avec soin : Lloyd Mondory, licencié au VC Avranches, absent de l'équipe AG2R sur le Tour, et Mikaël Chérel, le Saint-Hilairien, membre de l'équipe de Marc Madiot, qui courra sur les routes de ses débuts au milieu de tous ses supporters.

• Soirée des champions.
C'est une rencontre qui suscite l'intérêt des fans de vélo. Vendredi soir au théâtre d'Avranches, Daniel Mangeas animera la soirée des champions. L'occasion de souvenirs, d'anecdotes, de réflexions sur une discipline légendaire. Jean-Paul Ollivier, l'une des mémoires du cyclisme, évoquera le fameux Tour 1 964 que Jacques Anquetil et Raymond Poulidor se disputèrent jusqu'au bout. Présents aussi sur scène : Lucien Aimar (vainqueur du Tour 66) et les habitués de la Poly, Henri Anglade, André Foucher, Albert Bouvet, tous anciens champions des années 60.

Ouest-France
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# Posted on Wednesday, 30 July 2008 at 3:30 PM

Interview réalisée lors du Tour de France 2002

Interview réalisée lors du Tour de France 2002
Tour de France 2002

Recueillis par notre envoyé spécial à Vaison-la-Romaine, Laurent TELO
Madiot : « Etre directeur sportif, c'est jouissif »

La conversation part sur les avantages d'une journée de repos, sur la tactique à employer pour remobiliser les troupes, puis roule sur le rôle de directeur sportif en général. Sur ce chapitre, Marc Madiot, 43 ans, l'homme de la FDJeux.com est intarissable. Il raconte les émotions d'un métier méconnu.

Le discours du directeur sportif

« Marc Madiot, tous les matins a lieu le briefing. Le discours n'est-il pas usé à force ?

C'est là qu'il faut savoir faire des breaks. Aujourd'hui (jour de la journée de repos), je ne parle pas. Rien de rien. Le matin des étapes, on peut penser que c'est souvent la même chose mais, en fait, c'est toujours très différent. J'ai toujours quelque chose à dire. Par rapport à l'étape de la veille, par rapport à un coureur en particulier... Pour demain matin (ce matin), je sais déjà de quoi je vais parler. Je vais mettre l'accent sur le début de course. Il faudra bien leur faire comprendre que la course, demain (aujourd'hui), reprend au kilomètre zéro.

Cela signifie-t-il attaquer dès le kilomètre zéro ?

En général, je ne leur demande pas d'attaquer. Je leur demande d'être bien concentré dès le départ. De participer à la course et de ne pas être en queue de peloton en attendant que ça se passe. C'est la pire des choses.

Est-ce que le message passe toujours bien ?

Le truc, c'est de leur faire comprendre qu'ils doivent faire ci ou ça sans rien leur ordonner. Il faut s'exprimer en sous-entendus. Pour ne pas leur mettre la pression, mais plutôt leur suggérer les choses. En général, je sens bien les coureurs. Il m'arrive d'en engueuler parce que, justement, je sens qu'ils décrochent. Mais depuis le Tour, je n'ai jamais été inquiet. Personne à sermonner encore.

Etre directeur sportif

Comment envisagez-vous votre rôle de directeur sportif ?

Je suis toujours coureur dans ma tête. Je fais la course avec eux. Je partage les mêmes joies, les mêmes souffrances, les mêmes peines.

N'y a-t-il pas une collusion quelque part ?

Peut-être même plus. Je sais que la plupart de mes collègues me trouvent "fada". Mais je partage certainement encore plus les émotions des coureurs maintenant que je suis directeur sportif que quand j'étais moi-même coureur. Quand vous êtes coureur, vous vivez vos propres émotions. En tant que directeur sportif, cela prend des proportions gigantesques, puisque l'on vit les joies et les peines de toute une équipe. En revanche, sur une course, quand je ne me vois pas sur un vélo. Je ne suis qu'un tacticien, je raisonne plus globalement. Davantage par rapport à un groupe, à des mouvements de course, à une évolution de l'équipe dans la course.

Pouvez-vous comparer vos victoires dans Paris-Roubaix avec celle de Bradley McGee sur le Tour par exemple ?

Cela n'a rien à voir. On m'a d'ailleurs fait la remarque : j'étais moins exubérant quand je gagnais personnellement que quand je gagne aujourd'hui avec un coureur. Et c'est vrai. Je ressens plus de choses quand un de mes gars l'emporte. C'est comme ça. Peut-être parce qu'on vit la course par procuration. Une fois que les dés sont jetés, que j'ai fait ce que j'avais à faire en tant que directeur sportif, c'est eux qui détiennent les clés. On devient comme une cocotte-minute qui explose.

Vos qualités et vos défauts ?

J'ai le défaut de mes qualités : j'aime sûrement trop mes coureurs.

Les émotions du directeur sportif

Quelles sont les émotions vécues par un directeur sportif ?

Si je n'avais pas çà... Ce sont des sensations très intéressantes. Le fait de vivre la course par procuration est sans doute encore plus excitant que de la vivre soi-même. Il y a la course, la compétition, un jeu grandeur nature... On devient une espèce de maître du jeu, avec une capacité d'intervention limitée mais tout de même. J'essaye d'apporter quelque chose à mes coureurs. Et eux essayent de concrétiser ce que je leur ai soufflé. Quand j'y arrive, je prends mon pied. Un des moments de course les plus excitants est quand je sais qu'il va y avoir une arrivée massive et que j'ai un gars dedans qui peut jouer la gagne. Il y a une excitation extrême qui dure un kilomètre ou deux avant l'arrivée. Avant le verdict. Souvent, on ne voit pas la course. Alors, j'essaye d'écouter et de comprendre, de sentir. C'est jouissif. Juste avant que McGee gagne, j'entends Radio Tour qui annonce qu'un FDJeux.com est en tête... Il y a une montée d'adrénaline... La décharge est terriblement forte. Une fois que la ligne d'arrivée est franchie, pfou ! je décompresse à mort.

Mais je suis sûr que des directeurs sportifs, comme Johan Bruyneel, par exemple, qui n'ont pas de sprinters dans leur équipe mais qui joue le général, ressentent quasiment les mêmes sensations. Ils ont la hantise de la chute du leader lors de l'emballage final, de la cassure... Quand Radio Tour annonce une chute à cinq kilomètres, on vit tous une forme de panique.

A l'inverse, lorsque comme le jour du 14 juillet, vous ratez la bonne échappée, c'est très frustrant ?

Alors là, il y a une espèce de redescente. Je suis plus zen. Il y a un manque, c'est certain. C'est comme une drogue.

Rester directeur sportif

Vous vous voyez longtemps directeur sportif ?

Tant que j'en aurai les moyens. Ce n'est pas simple. En fait, le capital temps est moindre par rapport à un coureur qui trouvera toujours une équipe, s'il n'est pas trop mauvais. En tant que directeur sportif, tu peux disparaître du jour au lendemain. L'an dernier, la FDJeux.com a failli disparaître. Si cela avait été le cas, sans doute qu'aujourd'hui, je ne serai plus directeur sportif. Et quand on part, c'est très dur de revenir.

Si cela avait été le cas, que feriez-vous à l'heure actuelle ?

Il y aurait d'abord beaucoup de frustration. Car je sentais qu'il y avait des coureurs, comme Nicolas Vogondy ou Sandy Casar, que j'ai vu « naître », qui commençaient à devenir tout bons. Et j'aurais du abandonner tout çà.
Et puis, je pense que je m'ennuirais. J'aime le vélo, j'aime la compét'. Je vis avec çà, j'ai besoin du stress de la course. C'est ce qui me fait vivre toute l'année. Quand j'étais coureur, c'était pareil. Même durant les mois de trêve, entre novembre et janvier, je suis déjà la tête à la saison prochaine.

Avec la FDJeux.com, vous êtes à la moitié du parcours ? Au début ? A la fin ?

Nous sommes en route. Et le bout de la route serait le plus haut possible avec un certain nombre de coureurs que j'ai pris très jeune. Car c'est ça ma fierté : aller au bout de mes idées. Devenir directeur sportif de l'US Postal, par exemple, ne m'intéresse absolument pas. Le rêve absolu, c'est d'essayer, un jour, de gagner le Tour avec un jeune qu'on aurait formé. C'est l'exemple de Nantes ou d'Auxerre en football.

Sauf que, à Nantes ou à Auxerre, une fois qu'ils ont gagné le championnat ils sont pillés par les grands clubs...

Cela peut se produire chez nous et je pense que d'une façon ou d'une autre, cela se produira. Avec certains coureurs, c'est inévitable. Ça me fera très, très mal, mais c'est la vie. Un coureur comme Casar n'a que deux ans de contrat. L'année prochaine, il est libre....

Quels sont vos rapports avec les autres directeurs sportifs ? Vous vous sentez bien dans ce milieu ?

Je pense avoir de bons rapports avec bon nombre d'entre eux. Enfin j'espère. Mais sinon, j'ai plutôt tendance à vivre ma vie dans mon coin.


Pourquoi Marc Madiot a-t-il un petit vélo dans la tête ?

Parce qu'en 1964, le Tour passe en Maine-et-Loire. Et que je suis au bord de la route avec mon grand-père. Le Maillot Jaune, si ma mémoire est bonne, devait être Groussard. Jacques Anquetil est vainqueur final. J'étais gamin, j'avais déjà un petit vélo, mais la vocation a dû venir un peu plus tard. Les premières images du Tour dont je me souvienne parfaitement datent de 1968 : l'arrivée au vélodrome et la victoire de Jan Janssen qui gagne le Tour au cours de cette dernière étape, un contre-la-montre. La première grande émotion, c'est Luis Ocana en 1971. L'étape Orcières-Merlette où il met Merckx à 10 minutes. C'était l'été, le temps des moissons. Tous les jours, à la ferme, on s'arrêtait de ramasser le foin pour regarder l'étape du Tour. Mon grand-père découpait la dernière page de Ouest-France et tous les jours, on y inscrivait le vainqueur de l'étape.

# Posted on Monday, 28 July 2008 at 1:08 PM

Edited on Monday, 28 July 2008 at 1:21 PM